Qui n'a pas entendu parler, de près ou de loin, du premier album de Bigg, Mgharba 'Tal Moute?

Qui n'a pas entendu parler, de près ou de loin, du premier album de Bigg, Mgharba 'Tal Moute?
Qui n'a pas entendu parler, de près ou de loin, du premier album de Bigg, Mgharba 'Tal Moute? Celui que certains nomment déjà comme le meilleur rappeur marocain nous livre après un été chargé en scènes, interviews et concerts; ses impressions personnelles, ses revendications et ses projets futurs... Tout cela avec humour et simplicité.


Comment en es-tu arrivé à t'intéresser au Rap, et surtout pourquoi t'es-tu lancé dans la composition ?

J'ai commencé à m'intéresser au Rap pendant le collège, car à vrai dire ce que j'écoutais avant dépendait de ce qui traînait à la maison: cassettes ou vinyles des Beatles par exemple, en passant par Withney Houston et Abdelhalim, ou encore avec notre chère mère la télévision (Dieu bénisse 2m à la période du décodeur) j'ai découvert Michael Jackson, dont d'ailleurs j'étais fan comme pas possible... Le rap donc, je m'y suis intéressé grâce à des vidéos et des cassettes audio de potes.
Pour la composition, c'est venu un peu plus tard : Je rappe depuis neuf ans maintenant, mais je ne compose que depuis cinq ans, question de fierté, pour ne plus rapper des choses écrites par quelqu'un d'autre.

Tu t'es lancé dans une carrière solo après une expérience de groupe...Est-ce parce que les messages véhiculés par ton ancien groupe ne te convenaient pas, pour aborder des thèmes et sujets qui t'intéressent vraiment?
Je me sentais conditionné avec le groupe, ne pas dire ça, ne pas aborder tel ou tel sujet, passer pour des mecs politiquement correct... J'ai toujours voulu jouer sur les tabous, alors forcément, je me voyais mieux en solo. Il y a aussi le fait que je rappais en anglais et que ça passait mieux... Mais quand je me suis mis à l'arabe, les mecs ont commencé à comprendre et à craindre les répercutions. Trop de têtes pensaient, et un bateau qui a plus d'un commandant ne peut que chavirer. Le groupe était voué à l'échec, on s'est dit autant tout stopper avec une bonne réputation.

Tu avais déjà un nom dans le secteur du rap marocain, donc peut-être plus de facilités... Comment ont réagi les gens du milieu quand ils ont appris que tu te lançais dans une carrière solo? Casses, encouragements?
J'ai plutôt été encouragé, déjà que depuis Mafia C on me donnait toujours le même conseil, on me posait la même question, pourquoi tu ne fais pas un truc en solo... Alors j'ai fait ce qu'ils attendaient de moi, non seulement pour leur faire plaisir parce que c'était avant tout ma volonté, mais pour voir ce que je valais en tant que compositeur et interprète solo.

Ton premier album a fait du bruit, beaucoup de bruit, des mécontents aussi, mais surtout un nombre considérable de fans... Comment vis-tu ce rôle que certains te donnent de porte-parole d'une jeunesse qui ne veut plus avoir peur?
Je n'ai jamais eu la prétention ou le culot de m'affirmer porte-parole de la jeunesse, je dirais plutôt de ceux qui s'identifient à mes chansons : Je suis issu de la classe moyenne à tendance pauvre, je suis donc dans la même situation que 80% de nos jeunes. J'ai vécu les mêmes choses, à quelques détails près, je crois donc qu'on a les mêmes besoins et les mêmes envies, et surtout les mêmes droits. Je me bats non pour changer les mentalités, mais juste pour changer l'idée que les responsables se font de la jeunesse marocaine, soi-disant insouciante wella "mdamdma"...
On est pas dupes les gars, c'est juste qu'on a pas encore eu l'occasion de montrer que l'on peut être solidaires, et je suis là pour ça.

Tu es là pour ça, et tu n'hésites pas à montrer que tu n'es pas le seul, en invitant plusieurs rappeurs marocains de renom à collaborer avec toi... Comment se fait votre travail, comment choisis-tu tes duos?
J'ai participé à une compilation avec bon nombre de rappeurs marocains et certaines têtes d'affiche françaises, j'ai donc tout de suite eu l'idée d'intégrer tout ce beau monde dans mon album avec deux idées principales en tête : Un album peut se faire tout seul, mais à quoi bon? Et puis je me suis dit que s'il marche et qu'il connaît un franc succès, il permettra à certains rappeurs d'avoir la reconnaissance qu'ils n'avaient pas pu avoir auparavant, à défaut de pub ou de produit fini.

Je me suis dit qu'il y avait du potentiel dans ce bled et je l'ai exploité, pas comme ceux qui n'ont pas eu le courage de le faire. J'ai cru en des artistes qui en valent la peine, ce n'est pas mon album, c'est le nôtre, et ils me l'ont bien rendu. Et toujours sans prétention, je pense que sans eux Mgharba 'Tal Moute n'aurait pas eu autant d'impact.

Le message est passé, et c'est bien ce que tu voulais... Les critiques à tort et à travers, les gens qui jugent ton langage trop khasser, t'en penses quoi?
Je réponds aux hypocrites par le silence, aux grands gueules qui ne sont là que pour bluffer le monde que je suis à 100% là pour les faire chier, et aux grands gueules revendicatifs que je suis à 100% avec eux.

Ta carrière de rappeur commence à prendre de l'ampleur au Maroc... La scène internationale t'intéresse-t-elle? Tu as pu collaborer avec des artistes étrangers, rappeurs ou autres... Quelle approche as-tu de ces expériences?
J'ai collaboré avec les psy4, Intik et Imothep ( IAM ) sur une compile dont la promo est en vente à la Fnac, mais la compil en elle-même n'as pas aboutie, la faute à certaines personnes qui ont voulu entuber les marocains...

Bref, c'est toujours bien de collaborer avec des étrangers, c'est un échange culturel même si ça reste dans le mouvement Hip Hop.

Pour ce qui est de la scène internationale, ceux qui m'intéressent en premier plan sont les marocains résidant à l'étranger et non la scène en elle-même : Je veux conquérir pour l'instant l'oreille marocaine et l'oreille marocaine à l'étranger. Après, pourquoi pas les autres ! Pour moi, il y a les marocains, et puis les autres, et les marocains sont ma priorité.

Mgharba 'tal moute, c'est un peu un documentaire sur la vie au Maroc, celle qu'on ne montre pas dans les spots publicitaires, celle d'un marocain qui parle à ces concitoyens... Tu aimes ton pays et tu le critiques, mais n'y a-t-il pas des moments où tu as eu envie de baisser les bras et de ranger ta langue dans ta poche comme l'a fait un grand nombre de personnes?
Ma langue est tellement longue que je ne peux pas la ranger dans un si petit trou comme le font les trous du cul, je dis ce que je vis et ce que les miens vivent ou ont vécu. Certains me demandent ce que j'en sais de Tazmamart pour en parler, et je réponds qu'il ne faut pas attendre d'avoir le VIH pour en parler!

Mgharba 'Tal Moute, ce n'est pas un titre ou une belle phrase qui m'est tombée sur la tête un beau jour, ou un propos politiquement correct qui a pour but, comme le croient certains, de passer pour un gars qui aime son pays juste à des fins persos... Mgharba 'Tal Moute comme diraient les Ricains, c'est un Way Of Life, un concept, une conviction et un principe. C'est ça, Mgharba 'Tal Moute.

Que penses-tu de ce qui se fait en termes de musique underground au Maroc, que ce soit en Rap, en Fusion ou en Rock/Metal ?
Je crois que la plate-bande commence vraiment à se faire sentir, donc pour moi ce n'est que le début et je suis optimiste à ce sujet, parce qu'on a des groupes qui ont vraiment les couilles de faire tous seuls ce que soit disant les artistes étrangers dont certains mêmes sont fans ne pourraient jamais faire avec les mêmes moyens.
Faut savoir que chaque bord à ses moyens et que le nôtre est tellement misérable que si l'on arrive à faire un album, il faudrait nous applaudir avec les pieds parce que sérieux, personne ne peut sentir la galère qu'on endure sauf nous, quand je dis nous je parle des gars qui ont pu sortir leurs albums (Darga -Fnaire - H kayen - Muslim) ... C'est ça la galère du vrai artiste marocain, et je dis bien vrai.

T'es-t-il déjà arrivé d'être confronté à des arrivistes musicaux marocains?
Non, parce qu'on ne passe pas par le même chemin.

Bilan général du bout de chemin que tu as fait jusqu'à présent?
Question fric, c'est le déficit sur toute la ligne, concernant le public, le bénéfice a été abondant, et par rapport à l'album, ce n'est que le début.

Et concernant tes projets d'avenir?
Participation sur pas mal de bandes sons de films, ("os de fer" entre autre), tournée avec l'Institut Français dans toutes les grandes villes du Maroc à partir de janvier Inchaalah, des dates en France et Espagne en 2007 aussi, Inchallah.

Un mot de conclusion pour ceux qui te connaissent, et même ceux qui ne te connaissent pas – encore-?
Mgharba 'Tale Mout J

Des news fraîches, en voici en voilà ! Bigg est dorénavant chroniqueur pour la version arabe de TelQuel, Nichan... Amis de la franchise, vous savez ce qui vous reste à faire !

Interview réalisée par Ayla - Nextline.ma

# Posté le jeudi 15 mars 2007 09:41

Modifié le jeudi 24 mai 2007 09:00

Bigg porte bien son nom : avec Mgharba 'tal mout, premier album sorti avec fracas en avril dernier, le rappeur au parler cru a pris une grosse place dans l'univers rap marocain. Rencontre avec un artiste qui fait le poids.

Bigg porte bien son nom : avec Mgharba 'tal mout, premier album sorti avec fracas en avril dernier, le rappeur au parler cru a pris une grosse place dans l'univers rap marocain. Rencontre avec un artiste qui fait le poids.
Bigg porte bien son nom : avec Mgharba 'tal mout, premier album sorti avec fracas en avril dernier, le rappeur au parler cru a pris une grosse place dans l'univers rap marocain. Rencontre avec un artiste qui fait le poids.

Tee-shirt XXL, barbe de plus de trois jours, un faux diamant planté dans chaque oreille, Bigg balance son imposante silhouette dans les rues de Roches noires. C'est son fief. Ici, un vieux embrasse le môme du quartier ; là, un môme apostrophe le rappeur respecté : “Bigg ! Khouya !” Sous une chaleur de plomb, Bigg éponge son crâne perlé de sueur.

Il est déjà 16 heures, il vient de se lever, un peu plus tôt que d'habitude : un coup de fil à passer à Casa FM. “C'est là où j'ai été élevé”, dit-il en dépassant, sur la droite, la maison où la s½ur de sa grand-mère s'occupait de lui quand il était petit. “Si on s'arrête, on n'est pas près de sortir”, justifie-t-il en laissant derrière lui l'océan et lmoun, “la jetée” version arabe, là où tu te fais dépouiller si t'es pas du quartier !” Hilare, Bigg rectifie : “Enfin maintenant, ça va mieux, toute ma promo est à Oukacha”.

Au carrefour, une vieille Volkswagen bordeaux attend sur le bas-côté. C'est celle de Réda. “Le mec que je vois plus que mon père et ma mère, lance Bigg en s'installant à côté de lui. Il est parmi les premiers qui y ont cru, et aujourd'hui, il gère les scènes, les featurings...” Les deux ne se quittent plus depuis la fac de droit (section française). Aujourd'hui, l'étudiant Taoufik Hazeb, 23 ans, est en licence à Mohammedia, espérant la décrocher l'an prochain après s'être arrêté à la fin du premier semestre, pour une très bonne raison.

Elle tient en trois mots : Mgharba 'tal lmout. Sorti en avril dernier à grand renfort de système D, c'est l'album évènement de la scène marocaine 2006. Vingt-quatre titres bruts de décoffrage, écrits avec virtuosité et crachés avec rage, appuyés par des featurings complices pour appuyer là où ça fait mal : années de plomb, corruption, islamisme... Un décor dans lequel mieux vaut avancer armé. “C'est la moindre des choses d'avoir une licence, si jamais ça marche pas...”

Leader mais pas dictateur
Mais pourquoi diable s'engouffrer dans une filière de diplômés chômeurs ? “La fac en général, c'est par défaut... T'as vu mon quartier, pas besoin de te faire un dessin”, lance le fils d'employé ONCF, qui, quand il n'était pas sur les bancs du lycée Imam Malik, se débrouillait CD et micro en refourguant “au plus riche” des jeans 501 achetés à 250 DH. “Le container en face de chez moi avait été fauché, je ne faisais rien d'illégal...”, assure Bigg, que les flics ont longtemps laissé tranquille jusqu'à ce qu'il leur balance, sur scène, deux trois vérités à la face.

“La chose contre laquelle j'ai vraiment la rage, c'est l'abus de pouvoir”. D'où le droit français : “C'est le seul moyen d'avoir légalement un poste de pouvoir et essayer de changer les choses, passer bezzez à travers le système”, s'énerve-t-il. D'où, aussi, le rap : “Le seul moyen d'exprimer cette colère sans casser des voitures ou faire des émeutes”.

Méfiant envers le pouvoir, friand de leadership : cette équation est un peu le fil directeur de la trajectoire de Bigg dans l'univers rap : six groupes en neuf ans, dont les noms évoquent tous la scène East Coast américaine, bien qu'il “n'aime pas le mot influence”. D'un groupe à l'autre, Bigg a sauté pour mieux affirmer ses idées. D'abord Thug Gang, celui du premier concert à Sidi Belyout. “On était trois gosses de 16 ans et on s'est débrouillé de A à Z. On a même fait 250 balles de bénéfice par tête”. Puis vint la préparation du Boulevard des jeunes musiciens à la FOL, “y en a qui voulaient répéter, d'autres non...” Bigg quitte le groupe avant la compétition.

Ensuite, Cash Money, “c'est-à-dire tout ce qu'on n'avait pas”, puis X-Side, dont le chanteur “rappait à la Snoop (Doggy Dog)”. Germe alors l'idée du rap en arabe. “Mais c'était un groupe avec trop de têtes pensantes”, tranche Bigg. “Je suis ouvert à toutes les propositions, mais j'aime pas qu'on me dirige”. Pour se changer les idées, le rappeur fait un break avec Snipers, un duo de hard core “juste pour le kif”, mais dans lequel il continue de parler, en anglais, de politique et de “streetlife”.
Enfin, c'est en tant que MC solo qu'il joue pour la première fois avec Mafia-C, avant de rejoindre le groupe pour quatre ans. “Ils avaient peut-être besoin d'un leader”, suggère Bigg, sourire en coin. Le groupe balance dix-sept titres sur le Net, se concocte un public, joue au BJM 2001 et dans des concerts de l'association Original Hip Hop fondée par DJ Key. Après une petite tournée, Bigg repense à se produire en solo. “Eux n'ont pas trop assumé que je fasse les deux en parallèle”, résume-t-il pour expliquer cette dernière rupture.

Une chose est sûre, Bigg ne regrette rien. “Au festival de Casa, je risquais le tout pour le tout en jouant en dernier. Finalement, la place Rachidi était pleine jusqu'à deux heures du mat'. ça m'a appris que je peux tenir sur scène plus d'une heure”, se rassure notre homme qui, habitué à mettre en boîte ses morceaux très rapidement, a dû se faire violence pour apprendre ses propres paroles par c½ur.

Il a fait du chemin, le gosse natif de Hay Mohammadi, dont les parents écoutaient Abdelhalim, Whitney Houston et les Beatles. C'est l'anglais qui l'a mené au rap bien plus que le rap à l'anglais. “J'avais un prof très direct, MTV”. Neuf ans plus tard, même s'il assure être bercé de soul et ne pas écouter de rap chez lui, Bigg arbore fièrement son total look hip hop. Dans le parking souterrain des Twins, il kiffe se prendre en photo avec son portable, bras écartés et air de pitbull.

Vulgarité ou réalité ?
En haut se trouve Saber, “le meilleur spot de fringues hip hop du Maroc. Fnaïre et H-Kayne descendent ici”. C'est aussi un des dix points de vente de Mgharba 'tal lmout. Ici comme ailleurs, le stock est épuisé. Deux cents albums au total, soit pas grand-chose. “J'avais sorti une série de mille, mais j'en ai distribué 800 “favor” à la presse, aux festivals...” En sortir mille de plus coûterait 10 000 DH. “Je ne les ai pas”, avoue le rappeur dont les récents cachets ont épongé les crédits. Malgré cela, Bigg évoque la marque qu'il cherche à lancer : “AlKhasser wear”, reprenant le surnom provoc' qu'il s'est lui-même donné. “C'est eux qui m'appellent comme ça”.

Eux ? Tous ceux que choque son parler cru. Jusqu'à certains potes. “Je lui ai suggéré de faire des versions plus clean, pour la distribution, la radio ou certaines scènes. Si ma mère vient nous voir à Agadir quand je scratche avec lui, je serai gêné”, reconnaît Khalid Douache, aka DJ Key, qui a étroitement collaboré sur Mgharba 'tal lmout, tant aux platines qu'à la post-prod, via sa boîte Funky Noise.

Voilà un débat qui semble blaser l'intéressé autant qu'une session parlementaire. Il faut dire que la darija de la rue ne fait pas dans la dentelle. Pour preuve, “warma”, charmant néologisme issu du mot tumeur pour évoquer “une meuf bien calibrée”. En tout cas, rien qui effraie Imad, l'animateur de “Ze Kotbi Show” sur Casa FM, dont Bigg était l'invité deux semaines plus tôt. Cet après-midi, le rappeur revient en studio pour enregistrer un jingle. Plié en deux, s'éventant avec une pochette de DVD, Bigg dégaine sa voix caverneuse.

Débit de parole extralarge, truffé de vannes finissant sur un rire sonore, c'est un bon client pour la radio. D'autant que, khasel ou pas, Bigg ne parle pas pour ne rien dire. Personne de sa famille n'a été directement touché par les années de plomb, “mais ça ne m'ôte pas le droit d'en parler. Je condamne l'abus de pouvoir”. S'il n'achète pas la presse, il a lu Derb Moulay Cherif et vu La Chambre noire, le film de Hassan Benjelloun qui l'a inspiré pour composer et écrire son titre phare “El Khouf” en moins d'une nuit.

Sa peur, à lui ? “Mourir avant de concrétiser ce que j'ai dans la tête”. Soit, à court terme, de nouveaux titres, dont “Sirou sawtou” pour contrer les islamistes en 2007, et un morceau confidentiel, pour lequel il rêve d'un clip innovant, tel un court-métrage en 35 mm que tournerait un cinéaste confirmé. A moyen terme, mettre sur pied Bigg Production. Et, à long terme, pourquoi pas aborder la scène américaine ? “Je veux surtout leur montrer qu'on peut débarquer du Tiers monde et se débrouiller”.

“Heureusement ça prend forme”, poursuit-il en évoquant les studios de Fnaïre (où il a enregistré une partie et mixé l'intégralité de Mgharba 'tal mout) et de Casa Crew, Funky Noise, la boîte de prod' de DJ Key et DJ Kamaz, l'EAC L'Boulvart, qui lui a prêté 10 000 DH pour Mgharba 'tal mout, ou encore Raptivite.net, le portail hyperinteractif grâce auquel s'est constituée la majorité de son public. “Des mineurs pour la plupart, qui pourront grandir inchaâllah avec ma musique”.

Bigg a eu ses déceptions : refus de visa pour la France, où il devait jouer le 16 avril dernier à Montpellier ; arnaque du label français UNI'SONS, dont la compil' Au-delà de J-Bralt-art a sollicité le labeur de nombreux rappeurs marocains - Aminoffice, Loubna, Mafia C, Masta Flow, Fnaïre, DJ Van, DJ Key - sans qu'aucun en voie la couleur ou l'argent. “Je les remercie pour un truc, c'est de nous avoir tous réunis”. Deux ans plus tard, la “family” - Fnaïre, Masta Flow, 9mm, DJ Key, Colonel, Loubna, Y-Cine, Caprice, Lotfi, Muslim, Skizo - est largement présente sur l'album de Bigg.

Au dos de la pochette, le rappeur a pourtant préféré remercier tous ceux qui ne l'ont pas aidé... “J'avais peur d'oublier quelqu'un dans les vrais remerciements, donc j'ai préféré m'adresser à ceux qui m'ont emmerdé”. Mais parmi toutes ses gueulantes, Bigg s'en réserve une pour lui-même : “Mon gros défaut, c'est que je suis fainéant. Je suis capable de louper un job ou un concert si mon réveil n'a pas sonné”. Ironie du sort, pour qui veut “réveiller” les Marocains...

Par Cerise Maréchaud
(C.M / TELQUEL)

# Posté le jeudi 15 mars 2007 09:43

Modifié le vendredi 16 mars 2007 21:02

Al KhAsSeR

Al KhAsSeR
« Mgharba 'Tal Moute » est le premier album marocain à comporter 24 titres, à être aussi osé et surtout à être aussi attendu. Cet album ne peut être que celui de notre rappeur national « Bigg » appelé aussi « Al Khaser », surnom que lui ont valu ces textes provocateurs.
Ces même textes qui ont fait de lui ce qu'il est aujourd'hui c'est-à-dire le porte parole de toute une génération. La jeunesse marocaine se reconnaît dans ces morceaux, chose tout à fait normale, Bigg met sur papier et en mélodie ce que plein de jeunes n'osent même pas murmurer entre eux ! Et contrairement à d'autres artistes qui optent pour un arabe soutenu ou carrément d'autres langues.

Comme toute chose, tout produit, l'album de Bigg a été accueilli différemment par la critique, certains ont dit de cet album qu'il était osé, d'autres qu'il était carrément vulgaire. Mais personne ne peut lui dénier son originalité ! En d'autres termes, on peut aimer ou moins aimer mais on est obligé d'admettre le travail qui est derrière, le talent et l'amour mis dedans.

Cet album traite de tous les sujets chers aux c½urs des Marocains mais tellement tabous qu'on en parle rarement pour ne pas dire jamais ! Ainsi on y trouve un aperçu des années de plomb : les incarcérations du bagne de Tazmammart, derb Moulay Chrif...Il y a aussi les détenus de Tindouf ou encore des sujets.

# Posté le jeudi 15 mars 2007 09:58

Modifié le jeudi 24 mai 2007 09:08

Al KhAsSeR "marra marra"

Al KhAsSeR "marra marra"
ila bdite 7yati b7al SCRATCH
7ite tblas...tblasite marra marra
mne khaybe lmziyane mne mziyane lkhaybe marra marra
crouche fadel khasser tala3 habte check marra mrra
khaliwni nghawate wla diwni fdiwni fmarra
hakda nbghiw talmoute sam
3ammare foumak mot tsam
maghribi talmoute sam
3amare lbigg lalmoute sam
3amarkoume madiw manna la 7a9 la batle
3amarkome bi ghalkome maghadi tkhadmo li 3a9l
3amarna lawsalna wala 3amarna nwasloha
7aydo l'omiya bdmagh nasloha
7aydo chafra mn nass fasloha
7aydo manna ya li baghyine traj3ona lor
marra marra tkadbo 3lina
aflame makanfahmoch fiha rasse mn rjal
khalli bl3arbiya lfos7a walli liyouma baghi bane
nsitou billi lmaghribe hada machi miricane
3amare fommi tchade fmmarra
ga3 li chafro lblade ra fbarra
ga3 li 7asso bl7are marra
ga3 li kalou doude f1000 marra
3amare fommi tchade fmmarra
ga3 li chafro lblade ra fbarra
ga3 li 7asso bl7are marra
ga3 li kalou doude f1000 marra
chfte drari tay7a wasste smoume
chouf li tay7a b9ar3a itro (1L)
chouf chkoune li khala khoutou ghar9a hmoume
chouf li 3tate rha bache trada3 wldha chouha liyoume
chouf li 3ta rasso bache ysoug mercedes CHVANTA CRUM
chou dak li 7asse brassou nadem
chou li kayd7ak 3la khoutou
chou chkoune fihoume bnadem
chouf li b7ali chouf li b7alek chouf li l9ore diyalo msama3
chouf mn 7ali wchouf mn 7alhome RABBI rak SSAMA3
marra marra l3ando kathwak
ila knti katjri dare lik
mn foug l3awde katwalli foug l3wade
galsse diplome charfe na3sse
hade dnia sakhra tala3 blade na7sse
DRAPO bghina nhazzo DRAPO
chi chrafe mabghawnach nhazzo DRAPO
wlaw kaychr3o flmosi9a hadi 7rame
l3az wnsare lSIDNA li bghana nzido lgodam
3amare fommi tchade fmmarra
ga3 li chafro lblade ra fbarra
ga3 li 7asso bl7are marra
ga3 li kalou doude f1000 marra
3amare fommi tchade fmmarra
ga3 li chafro lblade ra fbarra
ga3 li 7asso bl7are marra
ga3 li kalou doude f1000 marra

# Posté le jeudi 15 mars 2007 10:01

Modifié le vendredi 16 mars 2007 20:59